Un débat pour ne pas perdre.
Le débat de l’entre deux tours, dont les français avaient été privés lamentablement en 2002, est l’évènement le plus médiatique du deuxième tour, mais également l’évènement qui ne
change rien à la donne électoral. En effet, aucuns candidats n’espèrent remporter le débat, l’unique souci est de ne pas perdre et de se conférer un caractère présidentiable. Les experts estiment
qu’au maximum le débat modifie le score du 6 mai de 1 point. Ce point peut renverser la balance dans un choc à 50-50. Mais les rapports de force actuels montrent que Sarkozy est confortablement
installé en tête.
Le calme contre la tempête.
L’avance de Sarkozy lui a permis d’arriver serein dans le débat. Il s’est contenté d’une stratégie de contre-attaque. Il a préféré le match nul à la victoire écrasante qu’il aurait
obtenu sans le moindre souci. Mais la Ségo a joué l’offensive. S’exposant à la contre-attaque, elle a su se découvrir, la hargne aux lèvres, la pudeur au vestiaire. Résultat elle n’a pas
perdu.
Elans lyriques, réponses pathétiques
.
Sous forme d’imbroglio nucléaire et de compassionnel social, les débateurs, candidats du vide, s’assènent dans un duel sans merci des leçons de moralité politique sur le sort de la
planète, des femmes battues et des handicapés. Questions très nobles, mais qui n’ont pas leur place dans un débat sur la fonction présidentielle. Tenant un discours de Premier Ministre, ceux-ci
pipent à nouveau les dés des législatives, confondant le rôle du Président et celui du gouvernement. Un cours de droit constitutionnel ne ferait sans doute de mal à aucun des deux
protagonistes.
Cours qu’ils ont oublié de suivre dans leur jeunesse. L’une répondant à une question précise, par des considérations transversales, l’autre se jouant de bons mots en guise de
réponse.
Démocratie, pourquoi m’abandonnes-tu ?
La France attendait un vrai débat, l’hystérique a faussé la donne, le démago versatile a pourri le match. La presse se gargarisait de ce face-à-face, « point d’orgue » de
la campagne. Malheureusement je n’ai vu que stratégie politique, manœuvre politicienne, démagogie à outrance. Entre une femme qui se veut la présidente des discussions des partenaires sociaux et
un homme prêt à tout dire pour assouvir son ambition, le choix du 6 mai s’avère plus que Cornélien, il est dantesque.