L’UMP pris au piège.
L’UMP misait sur son alliance naturelle avec l’UDF pour parvenir à remporter l’élection présidentielle. S’appuyant sur le Front National, l’élection semblait bouclée d’avance. Or
victime du « tout sauf Sarkozy » qui assure à Ségolène Royal au moins la moitié de l’électorat centriste, et du score piteux de la droite nationale, le candidat de l’UMP ne dispose pas
d’une marge suffisante pour entrer serein dans l’arène du second tour. Prisonnier de son discours profondément ancré à droite, le revirement politique s’avère compliqué. En effet, l’affirmation
de sa thématique de l’identité nationale et du ministère de l’immigration lui ont permis de saccager l’électorat nationaliste qui ne dispose plus de réserve assurant les 50% nécessaires à la
victoire du 6 mai.
Alors Sarkozy courtise le centre, les anciens UDF ralliés à lui comme Raffarin ou de Robien servent d’aspirateur à centriste. Ils créent leur site « le débat UDF-UMP ».
Mais récupérer d’un côté ce qu’il risque de perdre de l’autre est un jeu dangereux, et le petit nicolas est plus près du coin que l’on ne croit.
Le PS, au centre toute.
Ségolène Royal a choisi sa stratégie. La « gauche de la gauche » lui est acquise, elle fonce sur le centre. A l’aide des DSK, Delors et autres centrophiles, elles
courtisent un électorat qui ne demande qu’à lui être acquis. Malgré le refus actuel de Bayrou de donner une consigne de vote et sa volonté de créer un nouveau parti, le Parti Démocrate, Bayrou
recueille sans broncher les mains tendues de Royal et accepte le débat télévisé avec elle samedi prochain.
Royal s’accapare l’électorat centriste sans prêter attention aux gesticulations sarkozystes. Et la candidate profite également de l’apparition d’un Romano Prodi, ami de Bayrou,
soutien de Royal, qui se veut le catalyseur d’une union centre-gauche à l’image de l’Allemagne ou de l’Italie.
La France présidente.
Les rapports de force s’inversent. Royal est plus proche de l’Elysée que ne l’est Sarkozy. La bataille du centre est en passe d’être remportée par la socialiste. Mais c’est sans
compter le débat Sarko-Royal du 2 mai qui pourrait, sans le moindre problème, relancer la dynamique Sarkozy.